Les 7 critères clés pour un salarié agricole heureux

Lauriane Douce de La Salle
Lauriane Douce de La Salle 2 déc. 2019
Les 7 critères clés pour un salarié agricole heureux

Vous avez du mal à garder vos salariés ou saisonniers agricoles, et à les faire revenir ? Ou alors vous avez trouvé la perle rare et vous souhaitez absolument qu’il continue de travailler à vos côtés ? La pénurie de travail en agriculture est telle que tous les ans vous avez des difficultés à recruter pour les travaux saisonniers.

Il existe toujours des solutions. Dans cet article, on vous présente 7 critères pour améliorer les conditions de travail dans votre exploitation agricole. Certains peuvent être mis en place dès aujourd’hui et peuvent permettre de rendre votre salarié agricole heureux.

1- Améliorer les commodités

Si votre entreprise emploie moins de 25 salariés, vous n’êtes pas dans l’obligation d’aménager une salle de restauration équipée (source). Une simple pièce suffit.

Mais il y a fort à parier que vos salariés seraient très heureux d’avoir un peu plus de confort pour la pause du midi. En aménageant une pièce chauffée avec un micro-onde, un frigo et un canapé, vous améliorez les conditions de travail. Ils pourront faire une petite sieste avant de reprendre les travaux ou passer du temps ensemble dans un endroit confortable.

2- Mettre en place des horaires adaptés et discutés

En agriculture, il n’est pas rare de faire de grosses journées, parfois de 10 à 15 heures. Vous le savez bien car vous êtes les premiers concernés. Si vos salariés acceptent de faire quelques entorses à la réglementation, c’est souvent au détriment de leurs loisirs ou de leur famille.

Sur l’image ci-dessous, on voit que près de 25% des salariés agricoles (en rouge) travaillent le samedi et que 22% n’ont pas 48 heures de repos par semaine.

Source

Pour être certain d’offrir les meilleurs conditions de travail possibles à vos salariés, il est indispensable de penser à eux. En fonction de leur fatigue, du climat ou de leurs contraintes familiales, essayez d’adapter les horaires au maximum.

3- Choisir les bonnes personnes

Le 3ème critère est de choisir les personnes avec qui vous travaillez. Bien évidemment, dans cette époque de pénurie, trouver un salarié agricole n’est pas forcément évident. Alors le choisir peut sembler un peu utopique.

C’est pour cette raison que nous avons créé l’application Mission. Le concept est simple : vous pouvez choisir vos salariés et saisonniers en fonction de leurs compétences et de leurs centres d’intérêts. Si vous avez opté pour une agriculture biologique ou raisonnée, il est plus simple de travailler sur la durée avec quelqu’un qui partage les mêmes valeurs que vous, non ?  

C’est gratuit et c’est disponible ici.

4- Offrir une rémunération convenable pour un salarié agricole heureux ET impliqué

L’argent, un sujet souvent difficile…Un saisonnier ou un salarié travaille pour un salaire, il ne faut pas l’oublier. Souvent, le niveau de rémunération détermine l’implication. Imaginez ce qu’il peut se dire : “Pour ce qu’il paie, je vais pas en faire trop”.

Bien évidemment, il y a la loi qui impose un salaire minimum. Peut-être que vous ne pouvez pas faire plus car vous n’avez déjà pas les moyens de vivre vous-même convenablement. Dans ce cas, n’hésitez pas à lui dire clairement que vous aimeriez faire plus, car il est indispensable pour vous et qu’il est important pour l’exploitation. Vous pouvez peut-être lui offrir un complément en nature : céréales, viande, œufs, bouteilles de vin, etc. C’est ce qu’on appelle la réciprocité. Et ça marche !

5- Former pour prévenir les accidents de travail en agriculture et améliorer la productivité

Un salarié agricole heureux est déjà un salarié qui est en bonne santé. S’il rentre tous les soirs avec des douleurs, il y a de fortes chances qu’il quitte l’exploitation un jour ou l’autre, qu’il se mette en arrêt maladie ou qu’il ait un accident du travail...ce qui peut vous coûter très cher. Il y a même 2 000 nouveaux cas par an de maladies professionnelles longue durée. Dans 90% des cas, ce sont des troubles musculo-squelettiques.

Sur le document ci-dessous, on peut comparer la pénibilité du travail agricole (en rouge) et celle du travail salarié en général (en vert). Mais vous le savez déjà : travailler dans les champs, dans les tracteurs ou avec les animaux est physique.

Source

Il existe de bonnes pratiques en ce qui concerne les postures à adopter. Certaines Chambres d’Agriculture proposent des formations adaptées. Renseignez-vous et offrez la possibilité à vos salariés de se former !

6- Donner plus d’autonomie pour valoriser l’initiative

Quand on est responsable d’exploitation, il est difficile de déléguer et de donner plus d’initiative à ses salariés. C’est totalement naturel : vous avez peur que les choses ne se passent pas comme il faut, de devoir rattraper certaines erreurs ou de perdre de l’argent.

Mais il est prouvé qu’en donnant plus d’autonomie à ses salariés, ils s’impliquent plus. Pour quelle raison ? Simplement, ils se sentent valorisés, ils sentent qu’on a confiance en eux. Et s’ils font une grosse bourde, ils mettront tout en oeuvre pour réparer leur erreur...et vous ne le saurez peut-être jamais. Si vous avez plusieurs salariés, vous pouvez par exemple répartir les tâches en fonction des compétences de chacun. L’un est plus pédagogue ? Il pourrait former les petits nouveaux. L’autre est plus organisé ? Il pourrait gérer les stocks, quitte à l’envoyer en formation.

7- Mettre à disposition du matériel de qualité pour réduire la pénibilité des tâches agricoles

Un autre conseil pour rendre vos salariés agricoles satisfaits, c’est de mettre à leur disposition du matériel de qualité. En viticulture, vous pouvez opter pour les sécateurs électriques ou pneumatiques pour plus de confort. Dans l’élevage, la robotisation des traites permet de diminuer certaines contraintes et gestes fatigants. Dans les cultures céréalières, des engins avec des cabines confortables réduisent les troubles physiques.

Ce sont des investissements qui peuvent être coûteux, mais vos salariés agricoles seront très heureux de travailler dans une ferme dernier cri. En agissant sur l’organisation du travail, le matériel, la circulation des bâtiments ou le choix d’animaux adaptés à votre région ou vos infrastructures, vous rendez le travail plus simple.

Vous l’avez compris, améliorer les conditions de travail au sein de votre exploitation permet de faire rester les salariés. Sur le long terme, c’est la productivité du travail qui devrait s’améliorer.

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